La règle de Saint-Benoît : une doctrine humaniste et moderne

Rédigée par l’ermite Saint-Benoît de Nursie, au 6e siècle après Jésus-Christ, cette règle, qui porte son nom, structure et organise la vie monastique de son époque suivant un grand nombre de préceptes qui s’articulent principalement autour de deux grandes fonctions :


- une fonction de droit et de législation, qui permet de mettre en place l’organisation de la vie quotidienne au sein du monastère et de déterminer les rapports humains au sein même de la communauté.


- une fonction spirituelle, qui permet de guider les moines et les moniales dans leurs prières et leurs croyances afin qu’ils puissent à leur tour devenir des « guides spirituels ».



Pour Saint-Benoît, l’établissement de cette règle, qui comporte 73 chapitres, n’est qu’une ébauche qui doit permettre de donner un sens à la vie monastique (très peu organisée encore à cette époque), d’instaurer une discipline de vie et d’orienter la spiritualité dans une volonté franche de ne rien exiger de prohibitif.


Homme de foi depuis son plus jeune âge, devenu ermite, Saint-Benoît a souhaité partager et mettre à profit ses enseignements de vie et sa manière absolue de vivre pour Dieu seul et de « ne rien préférer à l’amour du christ », qu’il s’est imposée.




A travers les 73 chapitres qui régissent sa volonté fondamentale de faire de l’existence, une quête quotidienne de Dieu, Saint-Benoît ouvre à ses contemporains des horizons illimités de vertus et de doctrines qui restent encore pour certaines, étonnamment modernes au regard de notre société actuelle.


En effet, vivre dans un monastère ne veut pas dire vivre en vase clos et se fermer au monde qui nous entoure, bien au contraire. Même si les vertus monastiques mises en exergue dans la règle de Saint-Benoît sont l’obéissance, l’humilité et l’esprit de silence, son ouverture sur le monde qui l’entoure, l’entraide et l’hospitalité de son prochain en font une doctrine ancrée profondément dans son époque.



Toujours érigée en modèle de vie et empruntée encore aujourd’hui par les sœurs trappistes de l’abbaye Notre-Dame-de-Bonne-Espérance, la règle de Saint-Benoît est lue intégralement 3 fois par an par les moniales. Elle permet de régir l’ensemble de la vie monastique au quotidien et plus profondément, elle donne sens à la vie en communauté.



Elle met en lumière notamment l’importance et la place centrale accordée au travail manuel et intellectuel. Elle y montre qu’il y a un temps pour tout, car le travail quotidien doit être ponctué de lectures divines définies suivant les liturgies monastiques (eucharistie quotidienne, landes, petites heures, vêpres, complies,).


Dans une société où tout va toujours plus vite, la quête et le rapport au temps est un sujet presque philosophique et inépuisable qui s’ancre dans les préoccupations actuelles que ce soient dans la sphère entrepreneuriale, collective ou dans la sphère privée, individuelle.

Bon nombre de conférences et d’ateliers en management notamment sont organisés autour de cette « quête du temps » en entreprise, en se basant notamment sur quelques doctrines établies par Saint-Benoît au 6ème siècle.


Basée sur l’écoute, la règle de Saint-Benoît faisait du silence une de ses règles d’or, parler pour ne rien dire était même un péché.

Qu’en serait-il aujourd’hui ?

De nombreuses sollicitations sonores (téléphone, bruits, conversations,...) et de nombreuses préoccupations quotidiennes nous font oublier que le silence permet avant tout de se recentrer sur soi-même mais avant tout d’être plus attentif aux autres.

Dans le milieu professionnel, il est acquis pour chacun de planifier ses journées et ses tâches de travail en se fixant des règles, des objectifs et des timing à tenir, ce qui n’a rien de nouveau et de différent avec les préceptes de temps déterminés par Saint-Benoît (un temps pour tout).


Il est parfois difficile de « gérer son temps », on le subit plutôt parfois (par manque d’organisation, des préoccupations, des distraction, des impondérables...) et cela peut entrainer un système d’engrenage où l’on court après le temps à « rattraper ».

A l’époque de Saint-Benoît, il était impensable pour un moine d’arriver en retard à un temps de prière pour terminer une autre activité... les moines n’étaient pas esclaves du temps; ils acceptaient naturellement le temps terminé.


Vouloir gagner du temps avec les nouvelles technologies toujours plus innovantes et performantes, n’aboutit pas une modification de notre rapport au temps au contraire.

Cette immédiateté met à mal notre compartimentation du temps car bien souvent elle ne laisse pas assez de place au temps pour soi, au temps de réflexion ou au temps en famille... nécessaires et essentiels à l’équilibre de chaque individu.

En effet, savoir organiser ses temps professionnels et personnels revient à conduire sa vie de façon équilibrée et homogène.


Ces préceptes et cet enseignement qui découlent pour la plupart de la pensée de Saint-Benoît, se retrouvent régulièrement mis en avant, entre autre, lors de séminaires organisés pas des entreprises. Une leçon de vie qui ne date pas d'hier !

Pour en savoir plus, venez découvrir la vie de notre communauté sur https://www.abbaye-echourgnac.org/communaute/histoire-abbaye-notre-dame-bonne-esperance.html