Visiter l’abbaye d’Echourgnac, une véritable expérience

La réflexion autour de l’amélioration de l’accueil du visiteur de l’abbaye

d’Echourgnac avance. Un second atelier de travail a permis de définir des

pistes de parcours de visite. Parcours qui permettront aux visiteurs de

toucher du doigt ce qui se vit à l’intérieur de l’abbaye, de vivre une véritable expérience.



Après un premier atelier il y a quelques semaines, le groupe de travail d’une quinzaine de personnes, composé d’acteurs locaux et territoriaux et de spécialistes du tourisme, était de nouveau réuni à l’abbaye Notre-Dame de Bonne Espérance d’Echourgnac autour de Mère Bénédicte, abbesse de la communauté, et des sœurs Soizick et Marie-Espérance.

« Mes attentes pour ce second atelier, s’enthousiasme Mère Bénédicte, c’est que nous rentrions un petit peu plus dans le concret. Il s’agit de partager toutes nos idées, mêmes les plus folles peut-être ! »




Un accompagnement professionnel pour une offre adaptée à tous


Aux commandes de cette seconde journée de travail, Luc Bonin et Julie de Ravinel, de l’agence Scarabée, agence conseil en ingénierie culturelle mandatée par les sœurs pour accompagner ce projet d’envergure.


« Au départ les sœurs nous ont posés une question en fait assez simple, explique Luc Bonin, c’est comment mieux accueillir des visiteurs qui aujourd’hui expriment une certaine frustration. Frustration de ne pas pouvoir découvrir, de ne pas pouvoir voir, de ne pas pouvoir comprendre ce qui se vit à l’intérieur de l’abbaye.

Le travail d’aujourd’hui c’est d’essayer d’écrire tous ensemble, avec chacun nos sensibilités, les acteurs du tourisme, les élus locaux, les techniciens, les sœurs, les habitants, de co-construire ensemble cette nouvelle offre de visite autour de l’abbaye d’Echourgnac, de façon à répondre au mieux aux attentes et aux motivations des différents publics qui viennent ici, que ce soient des habitants de proximité, des touristes de passage, des groupes, et quel que soit leur âge, quel que soit leur proximité avec l’Eglise. »



Un diagnostic clair et des échanges en toute liberté


Pour y parvenir, la journée débute par la présentation du diagnostic sur les lieux et modalités d’accueil du public réalisé par l’agence à partir du premier atelier de travail, de ses recherches sur l’abbaye et de son expérience.

Les échanges qui suivent permettent de valider ce diagnostic. « Les enjeux ont été particulièrement bien posés, explique Marie-Pascal Raynaud, du Comité départemental du tourisme de la Dordogne, et je trouve que le fait de se poser ces questions actuellement est tout à fait dans l’aire du temps, avec la période post-covid, le retour au slow-tourisme, l’expérientiel et je trouve que les réflexions menées ici peuvent même servir d’exemple pour d’autres projets. »


Sandrine Faure, de l’Office de tourisme du Pays Montponnais confirme de son côté le sentiment de frustration des visiteurs, et Philippe Debet, animateur au service Tourisme du département de la Dordogne ajoute : « Pour moi on est vraiment dans l’éco-tourisme : il y a à préserver un cadre, à préserver les gens qui y vivent. C’est quelque chose d’assez particulier. On est à l’opposé du tourisme de masse. »






Etudes de cas, source d’inspiration


Luc Bonin et Julie de Ravinel prennent ensuite l’exemple de l’abbaye cistercienne de Cîteaux, qu’ils ont visités à l’invitation des sœurs. Un parcours de visite et une démarche d’interprétation y sont en effet déjà proposés. Un exemple qui va ouvrir le débat sur la question des réservations, mode d’accès aux visites qui semble rentrer dans les habitudes, mais aussi sur la question de la gratuité ou non, et sur le fait de ne pas hésiter à créer la rareté pour garantir un bon accueil.


Les exemples étudiés sont ensuite mis en parallèle avec les spécificités de l’abbaye d’Echourgnac. « Il y a une limite, résume Luc Bonin, c’est que l’on est sur un site qui n’a pas, comme on peut l’imaginer quand on entend le mot abbaye, de vestiges patrimoniaux, médiévaux à visiter. C’est une abbaye, pas contemporaine mais… relativement récente. L’intérêt c’est que l’on va se concentrer sur l’essentiel et l’essentiel c’est la vie de l’abbaye et l’expérience intérieure qui en découle. »



Comment valoriser une expérience ?


Pour définir les attentes du public, les sœurs énoncent les questions qui leur sont posées. « Une des premières questions c’est est-ce que vous pouvez sortir, explique Mère Bénédicte, puis pourquoi est-ce qu’il y a des sœurs qui ont un voile blanc et d’autres un voile noir, est-ce que vous avez la télé, internet ?... » Des questions centrées sur la vie des sœurs. « Il y a une curiosité devant une vie qui est un petit peu bizarre, résume Mère Bénédicte. Je pense que les gens sont en rapport avec leur vie personnelle et les choses qui sont importantes pour eux. »


« Vous permettez au public de se reconnecter à quelque chose qu’ils ont perdu ou qu’ils n’ont jamais connu », analyse Laurent Beaussoubre, chargé de mission Tourisme de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Ce constat permet d’insister sur l’importance des parcours pédestres, du cheminement pour amener le visiteur à s’interroger, à réfléchir, à vivre une expérience particulière.



Un projet d’envergure


A la fin de la journée, l’agence Scarabée présente ses préconisations et notamment la nécessité pour elle de modifier le lieu d’accueil du public.


« La stratégie d’ouverture repose sur la création d’un véritable accueil, qui aujourd’hui se fait autour du magasin, précise Luc Bonin, la création de parcours pédestres autour de l’abbaye, dans une démarche d’interprétation. Et interprétation ça veut dire inviter le visiteur à se questionner, avec des espaces dédiés spécifiquement à la médiation pour comprendre, et des espaces pour vivre des expériences que l’on est en train d’écrire tous ensemble. »


Des préconisations prometteuses mais qui nous posent de nouvelles questions, comme la refonte du magasin. Nous avons tout l’été pour y réfléchir avec les sœurs, le troisième et dernier atelier ne devant avoir lieu que fin septembre.