Le parcours de visite de l’abbaye d’Echourgnac se dessine

Le troisième et dernier atelier de travail collaboratif autour de l’amélioration de l’accueil des visiteurs de l’abbaye d’Echourgnac s’est achevé dans la satisfaction. Les visiteurs pourront bientôt faire l’expérience de ce qui se vit dans les murs de l’abbaye grâce à deux parcours de visite, et un nouvel accueil unifié.


Comment mieux accueillir le visiteur de l’abbaye Notre-Dame de Bonne Espérance d’Echourgnac tout en préservant la vie de sa communauté religieuse, telle était l’ambitieuse réflexion débutée au printemps. Pour y parvenir, nous avions constitué un groupe de travail d’une quinzaine de personnes autour de Mère Bénédicte, abbesse de la communauté, et des sœurs Soizick et Marie-Espérance.


Les membres du groupe de réflexion du parcours de visite de l'abbaye d'Echourgnac

Composé d’acteurs locaux et territoriaux, de spécialistes du tourisme et d’habitants de notre commune d’Echourgnac, ce groupe vient de vivre son troisième et dernier atelier de travail.


« Notre premier atelier nous a permis de faire un état des lieux, un diagnostic, rappelle Antoine Dumont, directeur de la fromagerie de La Trappe. Durant le second atelier nous avons commencé à regarder différents scénarios, et puis certaines contraintes qu’il allait falloir intégrer et que l’on n’avait peut-être pas pris en compte initialement. Aujourd’hui on commence à dessiner la solution vers laquelle on va s’orienter. »


Après une brève introduction, Luc Bonin, Julie de Ravinel et Olivier Demangeat, les trois spécialistes de l’agence Scarabée, agence conseil en ingénierie culturelle mandatée par les sœurs pour accompagner ce projet, présentent de manière détaillée les trois éléments de cette solution. Une solution qui tourne autour d’un concept simple, comment le monastère peut-il aller au visiteur ?



Un nouvel accueil unique


Premier élément évoqué, la création d’un nouvel accueil, unique, plus près du parking. « Aujourd’hui il y a plein de petits accueils selon que l’on est visiteur, client, touriste, pèlerin, retraitant », explique Antoine Dumont.


La création d’un seul point d’accueil permettra de simplifier l’accès de tous, mais aussi d’offrir une plus grande plage d’ouverture.


Ce nouvel accueil s’accompagne de la construction d’un nouveau portail d’accès, lui aussi plus prêt du parking. Un portail qui marquera l’entrée du monastère. « Il sera composé de deux espaces, explique Luc Bonin, un grand portail, majestueux, et à côté, un petit portillon. Le visiteur va passer par ce petit portillon. D’abord parce que l’on se fait humble, petit, pour entrer. Et en même temps parce que le petit portillon c’est celui par lequel rentrent les amis. Le visiteur est accueilli comme un ami, on l’accueille comme le Christ. »


En franchissant ce portillon, le visiteur fait en quelque sorte son « entrée au monastère ». Il pénètre dans un espace de silence, l’actuelle allée qui relie le parking au portail de la clôture du monastère. A gauche on retrouvera les bâtiments actuels, mais réaménagés, avec notamment une salle vidéo, et à droite, l’église et un premier parcours, le parcours ORA.


Le parcours de visite de l’abbaye d’Echourgnac se dessine

Le parcours ORA, une expérience d’intériorité


« Cette entrée au monastère, ce parcours ORA, sont un voyage intérieur ouvert à tous, promet Julie de Ravinel. C’est à la fois une déambulation physique, le visiteur arrive, il passe le petit portail, il pénètre, il marche, mais aussi un cheminement intérieur. Je quitte mes habitudes pressées, je peux éteindre mon téléphone, et je me laisse porter par une proposition qui parle à tous mes sens. Je lis, je contemple, je médite… C’est même une sorte de lectio divina qui est proposée à tous, dans laquelle chacun peut entrer. Et y répondre à sa façon, ça ça nous échappe. »


Un espace pourra par exemple tourner autour de la règle de Saint Benoît, la règle de vie qui régit le quotidien des sœurs. « L’idée est de dire cette parole a des prescriptions très précises sur la vie monastique, précise Julie de Ravinel, mais elle peut aussi parler à tous dans les thèmes qu’elle évoque et qui peuvent faire sens pour tout un chacun, et donc nous interpeller, et moi, et nous : à partir de cette règle, qu’est-ce que je fais et en quoi ça me parle ? »


ORA et LABORA sont d’ailleurs les deux termes qui résument la règle de Saint Benoît. La prière, ORA, qui reste prioritaire et passe avant tout au monastère, et le travail, LABORA, qui permet à la communauté d’être active et de vivre au quotidien. Ce n’est donc pas un hasard que le premier parcours s’appelle ORA et le second LABORA.


Le parcours de visite de l’abbaye d’Echourgnac se dessine

Le parcours LABORA, une réflexion sur son rapport au travail


« Pour le parcours LABORA, nous allons être à l’extérieur des murs de l’abbaye, précise Luc Bonin. Il va y avoir huit stations qui vont nous conduire à comprendre et à vivre ce que les sœurs font. Comment elles vivent, comment elles travaillent, quel est leur rapport à la nature, en s’inspirant notamment de l’encyclique Laudato Si du Pape François. »


« Là encore l’idée est de se laisser toucher, interpeller, questionner sur son propre rapport au travail », complète Julie de Ravinel.


Ce second parcours donnera lieu en fin de matinée à un travail par petits groupes. L’occasion pour chacun de réfléchir et proposer des idées de mises en pratique et d’expériences pour construire chacune des huit stations prévues.


Le parcours de visite de l’abbaye d’Echourgnac se dessine

Ouvrir l’abbaye sur le monde


Ce troisième atelier se termine par un déjeuner où l’ensemble des propositions est mis en commun. Une expérience productive et dont chacun semble heureux.


« Je n’imaginais pas que l’on puisse arriver à quelque chose d’aussi réaliste et réalisable », se félicite Jacques Gambro, maire d’Echourgnac. « Ces ateliers ont vraiment servis à avancer et à ouvrir l’abbaye sur le monde en fait ! »


Un sentiment partagé par l’ensemble des participants. « Les pistes qui se dessinent sont vraiment intéressantes parce qu’elles s’adressent vraiment aux différents types de publics qui sont accueillis ici », note Laurent Beaussoubre, chargé de mission Tourisme Région Nouvelle-Aquitaine.


Quant à Philippe Debet, animateur au service Tourisme du département de la Dordogne, il est surtout marqué par la simplicité des solutions trouvées, comme ce double portail : « Ça gère les problèmes de flux, ça gère les problèmes de frustration pour les gens qui avaient l’impression de ne pas pouvoir rentrer un petit peu dans le lieu et toucher du doigt un peu la vie monastique ! »


Objectif 2023


Il ne reste plus maintenant qu’à concrétiser cette solution pour mieux accueillir le public de l’abbaye. « C’est-à-dire de faire des études plus précises sur les projets que nous avons, de voir la manière dont nous allons pouvoir les réaliser, les financer, et avec qui on va pouvoir travailler », conclue Mère Bénédicte. L’objectif étant de pouvoir proposer ce parcours de visite dès 2023 !